Ciudad de Panama, Panamá
Et oui, je suis toujours au Panama. En attente et en recherche d'un bateau pour la Colombie. Ma soeur est repartie début juillet rejoindre son chum en vacances au Mexique. Karen, l'israélienne rencontrée à Bocas et avec qui nous avons voyagé les dernières semaines, est partie il y a une semaine en direction du Costa Rica. Et moi, je fais maintenant parti des meubles à l'hostal (Zuly's) où je reste en ce moment. Depuis le dernier message, j'ai passé quelques jours de plus à Bocas pour faire découvrir les jolies plages aux eaux turquoises à ma soeur. Puis on s'est dirigé vers Boquete, un village dans les montagnes où on a grimpé le volcan Baru. Puis escale à la plage de Las Lajas avant d'arriver à Panama city où on a passé quelques jours. Ensuite direction San Blas, côté caraïbe, avec ses 365 îles et ses communautés autochtones Kunas. Retour à Ciudad de Panama pour l'avion de ma soeur il y a près de deux semaines... où je suis toujours au moment d'écrire ses lignes!
Bocas del Toro, pour la fête et ses plages
Bocas, c'est un archipel au nord-ouest du Panama, près de la frontière costaricaine. C'est une dizaine d'îles dans les caraïbes, Isla Colon étant la principale avec la ville de Bocas à proprement dit. Bocas c'est des plages de sable blanc ou jaune claire, des eaux turquoises, des récifs et des poissons de toutes les couleurs... et de nombreux backpackers qui viennent y faire la fête. C'est devenu tellement important au Panama qu'il y a même un aéroport international sur l'île! Enfin, tout est relatif.... quand on voit les enfants jouer au football (ok, soccer pour les nord-américains) au bout de la petite piste, ou qui l'utilisent comme piste cyclable. Il faut attendre que l'avion ait touché la piste pour qu'ils daignent se tasser à ses abords. Ici la vie d'un backpacker se résume à... se lever avec un mal de tête, se doucher parce qu'on est en sueur (il fait chaud ici), trouver un bateau qui va sur une plage (il n'y en n'a pas de décentes sur Isla Colon), se faire brûler par le soleil et se rafraîchir dans la mer de temps en temps, retour à l'hostal pour se doucher (en plus de la sueur, on colle avec tout ce sel), on bouffe, on cherche le bar de la soirée, on boit (de la Panama, c'est la bière la moins mauvaise ici, d'où le mal de tête du matin), et on se couche dans la chaleur et l'humidité après une autre douche froide pour se rafraîchir... et on recommence! Et après un moment, on en a assez de toute cette chaleur et d'avoir du sable partout, alors on part pour Boquete dans les montagnes...
Volcan Baru, entre deux continents et deux océans
Tout près de Boquete, un petit village dans les montagnes panaméennes, se trouve le Volcan Baru, le plus élevé du pays avec ses 3474m. Il compte sept cratères mais tous éteints, mais aussi des dizaines d'antennes à son sommet. Boquete étant situé à 1400m, il faut donc prendre un 4x4 pour se rendre à l'entrée du parc à environ 1700m et marcher le reste jusqu'au sommet, un petit 13.5 km, mais près de 1700 m de dénivelé!!! On part donc vers minuit afin d'arriver au sommet au petit matin pour avoir une vue. En après-midi, le sommet se couvre souvent de nuages... On monte donc dans le noir, à la lueur de nos lampes de poche avec Karen, Mariane et... Elvis (non, il ne se cachait pas sur le volcan, c'est le nom de notre guide!). Longue, longue, la montée! C'est pas facile de nuit, puis c'est la première rando de Karen depuis longtemps, et elle souffre un peu... Puis il y a l'altitude, qui à partir de 3000m se fait sentir... et il y a les pumas... Mariane et Elvis jurent avoir entendu des pas lourds, là, dans le boisé! Finalement ils s'éloignent après qu'Elvis lance une pierre dans la direction du bruit... ouf... Vers 5h00, je m'endors en marchant et je trébuche... une fois, deux! Il faut que je ferme les yeux 5 minutes. Avec le soleil qui sort, on se réveille un peu finalement. Ce n'est que vers 9h00 qu'on arrive enfin au sommet, après de multiples pauses pour permettre à Karen de se reposer... On a été un peu lent pour mon rythme, mais j'avoue que la montée n'était pas facile. Mais elle en a valu la peine! Maintenant au sommet, on a une superbe vue 360! Mais, qu'est ce qu'on voit là bas sur la gauche... et oui, c'est Bocas del Toro et les Caraïbes! et... attend, ici sur la droite, non... oui... c'est le Pacifique!!! Et au loin au sud on devine entre les nuages des montagnes qui doivent bien être en Colombie et au nord, celles du Costa Rica! On est vraiment entre les deux océans et les deux continents! On savoure le moment près d'une heure... et c'est le moment de redescendre... Et pauvre Karen, elle se tord une cheville en descendant. Ça prendra tout pour arriver avant la tombée de la nuit... Une bonne douche et un bon repas, et on est parti pour une dizaine d'heures à dormir, enfin!
Le canal de Panama, 7ième merveille du monde (moderne!)
Après une escale à las Lajas, une immense plage pas touristique du tout où des chevaux (sauvages???) se promènent à la tombée de la nuit, on arrive à Panama City de nuit. Et pour y arriver, on passe sur le pont des Amériques qui enjambe le canal de Panama, tout illuminé comme une piste d'aéroport. Ciudad de Panama est vraiment impressionnante, c'est une villes qui se modernise et se développe à vue d'oeil. On compte des vingtaines de grues qui font pousser les grattes-ciels. Depuis la vieille ville, style européen... en ruine, les nouveaux quartiers font pensé à Mahathan. Puis c'est une ville assez sûr pour l'Amérique centrale. À part dans quelques barrios où il ne vaut mieux pas mettre le pied, on se promène dans les rues ici sans problème de jour et de nuit. Et la population est beaucoup plus diversifiée ici, des "latinos", des "noirs", des asiatiques, quelques "blancs". En fait, on doit surtout cela au canal. La main d'oeuvre est venue d'un peu partout pour sa construction. D'ailleurs, pour la culture générale, le canal a été commencé par des français à la fin du XIXe siècle, mais des nombreuses épidémies et les complications d'un canal à niveau ont fait avorter le projet, et c'est les américains qui ont repris le projet en main, avec le plan de faire un canal à écluses. Et il faut le voir pour comprendre la complexité de la tâche! Déjà les écluses sont énormes (33m de large x 320m de long), montant les bateaux à plus de 26m au dessus du niveau des océans en deux ou trois étapes. Quelques autres chiffres qui parlent: 77km de long (près de 2 fois la longueur de l'île de Montréal), 75000 ouvriers ont travaillé à la construction, dont 27500 sont morts (épidémies, accidents), 205 000 000 m3 d'excavation (soit 25 fois plus que pour le tunnel sous la manche!), le lac artificiel Gatum créé lors de la construction fait 425km2 (plus de 5 fois la superficie de l'île de France), 14000 bateaux passent le canal par année, 1.4 milliard US$ en revenu par année... Bref, c'est quand on voit tout ça qu'on comprend que le canal est désigné comme une des sept merveilles du monde moderne... et quand on voit ce qu'il y a sur la liste (Empire States building, CN Tower, Tunnel sous la manche, Golden Gate...) je crois bien qu'il fait le top 3!
San Blas, une beauté authentique
On va s'éloigner du bruit de la ville et des portes-conteneurs qui traversent le canal pour se rendre à San Blas sur la côte Caraïbe. San Blas, c'est un territoire autonome comptant 365 îles. Elles sont peuplés par les Kunas, une communauté autochtone, qui a réussi à garder leur traditions et coutumes tout en les adaptant quand même un peu au monde moderne. Mais ils ont surtout réussi à conserver leur territoire quasiment intacte de développement humain. À part quelques îles densément peuplées, comme celle de Carti où nous sommes resté quelques jours, les autres sont désertes, ou presque. La plupart des îles sont gardées et entretenues par une famille qui y vie en permanence. Vous avez déjà imaginer vivre sur un île déserte à peine plus grand qu'un terrain de tennis... et bien c'est ce que ces gens font! Mais enlevez-vous l'idée qu'elle soit vôtre un jour. Ici le territoire ne peut être vendu, il appartient à la communauté, qui s'assure de le protéger. Mais on peut quand même visiter, et apprendre leur culture comme nous l'avons fait. Et on peut aussi passer quelques heures sur une des îles vraiment désertes, comme la "isla de un solo coco" qui compte comme son nom le dit, un seul palmier! Et bien sûr, j'oubliais, le tout entouré d'eau turquoise, des plages de sable blanc, et des récifs avec des poissons de toutes les couleurs! Et de retour sur Carti, là où l'on vie, dors et mange avec une famille Kuna, on peut s'amuser avec les nombreux enfants qui n'ont juste qu'une envie, rencontrer ces étrangers sur leur île et leur montrer leurs pirouettes et acrobaties sous les yeux de leurs mères en costume traditionnel, incluant de larges bracelets de petites perles de couleurs sur les bras et les jambes. Bon, il faut aussi apprendre à faire ses besoins sur une planche trouée au dessus de la mer, et se doucher en se versant de l'eau avec une écorce de noix de coco... mais c'est aussi se qui fait le charme d'être ici.
De retour à Panama depuis deux semaines, j'essaie de trouver des choses à faire en attendant un bateau pour la Colombie. Il n'y pas de route entre Panama et la Colombie, d'où le nom "Darien Gap" que l'on donne à cette zone, encore contrôlée par la guérilla. Alors, pas le choix, soit l'avion où le bateau (à voile de préférence)... et comme je suis un mordu de voile, le choix est clair... Le truc c'est d'en trouver un. En fait, il en part plusieurs par semaine, mais en mode charter, c'est à dire qu'on embarque le maximum de backpackers dans un bateau et on leur fait payer quelques 300$ pour le voyage de 4-5 jours. Je pense avoir trouvé un bateau finalement, et, je touche du bois, on devrait partir ce weekend. C'est pas que je n'aime pas la ville ici, le monde à l'hostal est vraiment sympa et je me sens chez moi presque, avec tous ces visages familiers, Kathy, Zuly, Germain, Richie, Pierre, Fire, les 2 brésiliens... mais ça va faire presque six mois que je suis en Amérique Centrale qui est grande comme un moucheron alors que l'Amérique du Sud m'attend, grande comme un éléphant! Bref, j'espère vous écrire depuis la Colombie dans mon prochain message! À bientôt!
3 commentaires:
salut remi!
c'est toujours cool de te lire, mais j'ai hate de te parler 'live'!
en tout ca, en 6 mois, tu ne sembles pas eu le mal du pays encore! comment tu fais?? moi, je m'ennuie parfois de vous autres...
Hey boy....
Je vois que ca se passe bien pour toi. Life is sweet&good. Franchement ton experience donne envie. Ca change du "calisse" de bureau. Profites-en bien mon gars.
Julien (The real from Guadeloupe, not the fake frenchie)
Hey!
C'est la premiere fois que je post un commentaire sur mon propre blog!
Oui, la vie est sweet&good, mais j'ai aussi le mal du pays... Pas trop que ca me tente de revenir dans la petite routine boulot, metro (ou IGA!), dodo... mais la famille et les amis me manquent, c'est sur!!! Il y a aussi quelques trucs qui me manque, comme dormir dans mon lit, manger de la bouffe de chez nous, regarder une game de hockey, conduire (ben oui, ca fait presque 6 mois que j'ai pas ete derriere un volant!), mettre d'autres choses qu'un des 5 T-shirts que j'ai, ou encore prendre une biere entre amis sur une terrasse de Mtl... Mais je suis bien content ou je suis et je ne regrette pas un moment d'etre parti!!! Et je vous encourage tous a le faire... c'est juste une question de volonte!!!
Ciao, ciao,
Rémi
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