Cartagena, Colombia
Ça y est! Je suis en Amérique du Sud!!! Je suis arrivé il y a un peu moins d'une semaine en voilier à Cartagena, où je suis toujours. Et je suis toujours sur le voilier aussi! En fait, Léo, le capitaine italien est parti pour quelques jours au Vénezuela, alors on dort dans le bateau gratuitement avec Sam, le suisse allemand avec qui j'ai fait la traversée (et on "surveille" Zao en même temps, c'est pas le chien, c'est le nom du voilier). On a eu le temps de visiter la ville un peu, je vous raconterai... mais avant, laissez-moi vous conter la traversée!
La grande traversée
On s'est donc rendu Sam et moi à Portobello au Panama, pour retrouver Zao et son capitaine Leo. Ça s'était dimanche de la semaine passée. En passant, j'ai réussi à trouver un arrangement avec le capitaine, je paie seulement les frais de douane pour le bateau et pour moi, soit une centaine de dollars au lieu des 300 habituels pour la traversée... et on amène notre bouffe, je suis content! On dort à bord le soir (histoire de s'acclimater au roulis). Puis pendant que Léo se bat avec les douaniers à Colon pour régler la paperasse de sortie (passeports, etc), on visite Portobello... en fait on visite les quelques ruines de forteresses construits par les espagnols. C'est très étrange, les gens ont construit leurs maisons en plein milieu des ruines et des canons... Quand Léo revient, on prépare le bateau, un ketch (deux mats, le plus grand en avant) de 48pieds. On doit partir le soir même ou sinon ça sera dans deux jours parce que le lendemain, c'est un mardi... et en plus c'est un 17! "Pis?" vous allez dire... allez chercher, superstition de marin, on ne conteste pas! Bref, à 22h, on lève l'ancre, et nous voilà en direction de San Blas au moteur (il n'y a pas assez de vent) et de nuit.
Le lendemain, au petit matin, on s'ancre près d'une île de San Blas pour se reposer un peu toute la journée et la prochaine nuit de nos quelques heures de navigation de nuit. Mais je soupçonne notre capitaine de ne pas tenter sa malchance, on est bien un mardi 17 aujourd'hui! Je prend donc un bain de mer dans l'eau turquoise et nage jusqu'à la plage déserte pour une petite sieste. Une bonne bouffe, pis une bonne nuit de sommeil, jusqu'à ce qu'on soit réveillés vers 4h du matin par un grain (non, non, pas du riz... c'est le nom marin d'un orage avec vent violent sur l'eau). Vent violent, assez qu'on a peur que l'ancre chasse... et on est entouré de récifs alors ça serait pas beau! Léo démarre le moteur alors qu'on regarde le GPS pour savoir si on a bougé. Plus de peur que de mal, l'ancre tient bon et on se recouche pour une heure ou deux.
8h00, on lève l'ancre (c'est pas facile, elle s'est bien enfoncée avec le vent!), et on met les voiles et le cap sur d'autres îles un peu plus loin. On contourne la dernière île et nous voilà en route directe vers Cartagena, Colombie! Pas beaucoup de vent, et beaucoup de houle... on est brassé dans tous les sens! On garde le moteur pour garder une vitesse acceptable et les voiles pour stabiliser un peu... Finalement, la mer se calme un peu, merci pour les estomacs!
Bip, bip, bip, c'est l'alarme de la VHS... il y a apparemment un bateau en problème... Léo communique avec le bateau. Son moteur a lâché il y a quelques jours et il fait route en solitaire à pas de tortue vers Panama, contre le vent, en fait contre le "pas de vent", c'est encore pire! Bref, il a pété un plomb, et a déclenché l'alarme de sa VHS. Il nous explique qu'il veut juste ancrer son bateau et rentrer chez lui... puis, finalement, qu'il n'est pas en situation de danger et qu'il a de la nourriture et de l'eau pour des jours, et qu'il va tenir bon. On lui souhaite bonne chance et on continue notre route.
Puis quelle surprise: des dauphins! Ils sautent et nagent devant le bateau, c'est génial, comme dans les reportages de Cousteau! Mais ce que Cousteau ne nous a pas montré... et que je ne pourrais pas non plus malheureusement, j'ai bien essayé de filmer, sans résultat... ce qui nous a émerveillé donc... des dauphins qui nous refont le même manège, mais de nuit! Ben, oui, toton... de nuit, tu vois rien! Bein justement, avec le plancton phosphorescent qui s'illumine quand il est excité, on a des dauphins verts fluo qui nagent devant nous... c'est à couper le souffle... Une des plus belles choses que j'ai vu de ma vie! On restera, je sais pas moi, au moins une demi-heure à les regarder... presque émus par la beauté de la chose... snif... :o)
On n'est plus qu'à 30 miles de Cartagena. Sam aperçoit une lancha devant... bizarre, les pêcheurs ne vont jamais pêcher si loin de la côte en lancha nous explique Leo. Est-ce que ça serait des pirates???!!! Ce n'est pas fréquent, mais il a entendu une ou deux histoires d'agression près de la côte... On change de cap... ils changent de cap aussi... merde! Leo prépare sa balise d'urgence GPS (qui lui sauvé la vie dans une situation semblable en Haïti) et appelle d'urgence la garde côtière colombienne... mais c'est sans succès, mais il réussi à joindre un navire marchant que l'on aperçoit sur tribord... Ils nous disent qu'ils trouvent ça étrange aussi et qu'ils vont essayer de joindre la garde côtière de leur bord. Finalement, la lancha s'éloigne à toute vitesse vers la côte. Ouf! On reprend notre cap vers Cartagena quand une autre lancha apparaît sur bâbord... elle semble immobile, mais on la surveille aux jumelles pendant plusieurs minutes et la perd de vue finalement... Entre temps, Léo a réussi à joindre la garde côtière qui disent nous envoyer une patrouille vers notre position. Plusieurs minutes passent quand on voit une autre lancha foncer sur nous! Léo s'apprête à déclencher l'alarme GPS quand on se voit rassurer par radio, c'est les gardes-côtes qui arrivent enfin dans une lancha équipée de 3 puissants moteurs (de 200HP chacun!), et armés jusqu'au dent. Après leur avoir expliqué la situation, et donné nos prénoms (ils ne voulaient pas de nos noms de famille... c'est vrai qu'on a des noms compliqués pour eux!), ils sont parti patrouiller la zone, bonne chance à eux! On y est allé de plusieurs hypothèses pour expliquer le tout... la plus probable étant que ça ait été des trafiquants que l'on a peut-être surpris dans un échange quelconque... et qui ont pris la fuite en nous entendant sur la VHS... Bref, beaucoup de peur mais heureusement aucun mal. En tous cas, bien content de voir Cartagena finalement à l'horizon! Un dernier gros orage nous coupant toute visibilité alors qu'on monte le canal vers le port, et nous voilà ancré avec le coucher de soleil, après à peine 29 heures de traversée, un record pour Léo. C'est qu'en combinant voile et moteur, on a réussi à garder une bonne moyenne et arriver de jour, beacoup plus préferable.
Cartagena de las Indias
Cartagena, c'est une ancienne ville fortifiée par les espagnols. C'est ici qu'était entreposé tout l'or du Pérou avant d'être acheminé en Europe... C'est pas resté un secret longtemps, les anglais et les français ont vite envoyé leurs mercenaires et pirates attaquer la ville. Comme réponse, les espagnols ont bâti une énorme enceinte autour de la ville et d'imposantes forteresses pour se protéger des attaques... En gros, ça fait un mélange de Saint Malo et du vieux Québec. Très joli à visiter, mais très touristique aussi, et qui dit touristique, dit bière à 3$ et resto pas très bon marché... mais c'est quand même agréable de marcher dans les rues de la vieille ville... surtout quand on économise sur le logement en dormant dans un voilier à 15 minutes de marche de là! Ah et en passant, si vous chercher de la drogue à bon marché, c'est pas cher ici, les plantations ne sont pas très loin! Pis pas besoin de chercher un dealer, il va vous trouver! Mais il faut vous avertir aussi que la police a mauvaise réputation ici envers tout ce qui touche la drogue, et qu'elle va peut-être vous trouver elle aussi, et vous avez alors la chance de visiter une cellule d'une des confortables prisons de Colombie...
On y arrive, mais maudit que c'est compliqué: bienvenus en Amérique du Sud...
On a voulu sortir de la ville un peu avec Sam et aller voir le volcan de lodo del Totumo (un volcan de boue) à quelques kms de Cartagena... Rien de plus simple, dit le Lonely Planet, prendre un bus au marché qui te laisse dans un village et de là, marcher 45 mins vers le volcan... Ben oui, arrivés au marché, mais il est où le bus? On demande une dizaine de fois... par ici, par là... finalement on nous fait embarquer dans un bus qui va à un autre terminal de bus... terminal... ouai... plutôt une intersection au milieu de nul part... on embarque dans un autre bus qui va dans le village à côté du volcan, mais pas celui du guide, un autre... et de là, t'as des gars en moto qui t'amènent au volcan en 30 minutes... On y est arrivé au foutu volcan, mais maudit que ça a été compliqué! Ça change des bus directs du Costa Rica qui partent du centre-ville et qui te dépose à 5 mètres du cratère! Mais, c'est bien plus excitant comme ça dans le fond... et leçon de la journée (on verra si ça se vérifie plus tard), tu demandes ton chemin ici, tu suis ce qu'on te dis, et tu y arrives malgré tout!
Bon, le volcan maintenant... hi hi, c'est ça le volcan, c'est motte de terre de 15 mètres de haut? Et il parait que c'est le plus haut volcan de boue en Colombie, en plus! C'est en arrivant au sommet qu'on réalise que c'est en effet un petit volcan, et que dans le cratère, il y a de la boue, remontée par la pression sous-terrestre. On voit les bulles qui en témoignent. Et là, il faut aller se baigner là-dedans? Vous êtes fou? Cinq minutes plus tard, nous voilà couvert de boue crémeuse et flottants dans le cratère! Et il n'y a pas de fond, ce n'est pas une piscine, c'est vraiment un volcan! Et on flotte, oui, on flotte... impossible de couler Sam, même en appuyant de tout mon poids, il ne s'enfonce que jusqu'au cou! Vraiment étrange comme sensation que de nager là-dedans, ça avance pas, c'est trop visqueux! Après des minutes de plaisirs et d'expériences dans la boue les plus drôles les unes que les autres, on redescend et on se lave dans la lagune pas loin et de retour à Cartagena, j'ai aucune idée en passant par où, mais on y est revenu!
En passant, à part la mésaventure du bateau avant l'arrivée, le pays semble bien sécuritaire, en tous les cas, pas moins que les autres pays que j'ai visité. Il y a quelques régions à éviter comme partout... Mais les autres backpackers rencontrés qui sont en ce moment dans le pays ou qui y ont passé du temps n'ont rien rapporté... Tout le monde dit ici d'ailleurs que la situation s'est beaucoup améliorée depuis 4, 5 ans...
Sur ce, je pense quitter Cartagena demain pour Santa Marta... les plages y sont plus belles (et les filles aussi y parait!)
À plussssss....
1 commentaire:
AAAAHHH je reve du jour ou je pourrai essayer de caler mon chum dans ce volcan de boue! lol!
Je suis jalouse!
Mais dans 2 jours jarrive a Puebla... une autre aventure qui commence.
Cuidate!
xx
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