vendredi, novembre 30, 2007

Retour en arrière 2 : Tour de Colombie, suite et Bogotá, prise 2!

Bogotá, Colombia

Il n'y a pas que Bogotá en Colombie... Je disais donc que je suis parti m'évader à El Cocuy, à 11 heures de bus à l'est de la capitale. Avec Judith, une sympathique suisse, on retrouve Brian, avec qui j'avais fait le trek à Mérida au Venezuela. On loge au village situé à 2500m dans une vallée près du Parque Nacional El Cocuy, le temps d'organiser le trek. Nourriture, équipement, guide... tous ce qu'on a besoin pour un trek de cinq jours dans un environnement froid et hostile... En saison, il peut y avoir des centaines de touristes sur les sentiers, mais en septembre, avec le froid qu'il y règne, le parc n'est pas beaucoup visité. On ne rencontrera en effet aucune personne durant les quatre jours : ça sera que nous, Judith, Brian, Jamid, notre guide et moi avec nos sacs à dos bourrés de vêtements chauds, de nourriture pour quatre jours, tente, sac de couchage, etc... Et on s'est tous acheté un poncho de pluie (le miens doit peser 2 kg à lui seul!), parce qu'en plus d'être la saison froide, c'est la saison des pluies!

On prend donc un jeep jusqu'à l'entrée du parc à 4100m, Los Hereras. Dans une maison typique, un paysan nous accueille et nous sert un caldo (bouillon avec patates et coriandre, simple, mais j'en raffole depuis!). Puis avec son cheval (pour un prix exorbitant, on le découvra par la suite), il nous aide à transporter un peu de charge pour franchir les 400m de dénivelés difficiles jusqu'au camp de base. 400m ça peut ne pas paraître beaucoup... mais on grimpe jusqu'à 4500m et déjà le mal de l'altitude se fait sentir. Bref, on apprécie la charge réduite pour cette journée d'acclimatation. Après une soirée sous la pluie et une nuit froide (ce n'est pas l'hiver du Québec, mais avec l'humidité et l'altitude, c'est loin d'être agréable...), on est forcé d'attendre toute la matinée la fin de la pluie pour sortir des tentes et manger un bon déjeuner. Puis en après-midi, on franchit la distance jusqu'à notre prochain campement où on monte le campement avant la pluie. Le trek se résumera à ceci, montage du campement, attente dans la tente que la nuit passe (ici il fait noir de 18h à 6h), attente dans la tente que la pluie passe, démontage du campement, marche jusqu'au prochain campement, bis, bis, bis! Dire que j'ai voulu sauver du poids et j'ai laissé mon roman au village! Au moins, j'ai mon paquet de cartes à jouer et mon lecteur MP3 et mes hauts-parleurs portatifs, alors on arrive à ne pas trop s'ennuyer... Bref, pas trop la meilleure saison pour un trek ici... toutefois, on a eu de la chance avec du soleil chaque jour ce qui nous a permis l'ascension jusqu'à la base du glacier Pan de Azucar au jour 3 (5000m) et Concavito au jour 4 (4900m).

On aurait bien aimé grimper un sommet ou deux, mais avec le climat et le manque d'équipement, ça n'a pas été possible. Mais ce qu'on retient par dessus tout, ce sont ces paysages superbes, avec ses sommets enneigés, les lacs d'eau glacière, et la végétation rare mais toutefois présente et bien typique de la région comme ces petits arbres "frailejones" qui poussent de 1cm par an, ou ces fleurs bleues dont j'ignore le nom qui arrivent à pousser dans cet environnent. Et aussi par dessus tout, c'est la solitude, seuls dans ce paysage grandiose. On revient dans l'après-midi du 5ième jour après une boucle de quelques dizaines de Kms, fatigués et avec la seule envie de prendre une bonne douche chaude! Après un bon repas avec notre guide pour le remercier, je saute dans mon lit... parce que, je dois être fou, j'ai décidé de prendre le bus de 4h du matin pour Tunja.

Et El Cocuy – Tunja, mon pire trajet jusqu'à présent!!! Déjà, pour commencer à comprendre, on parle de 8h30 de bus pour une distance d'un peu plus de 200kms. Bref, on parle d'un chemin de 4x4, emprunté par un gros bus Voyageur. Puis, prendre le bus à 4h AM, c'est jamais agréable. Et là, ça commence, dans la première heure, on a droit à deux contrôles policier et un contrôle militaire. Oui, je vous avais dit plus tôt que c'était fréquent, et souhaitable et compréhensible, mais quand on vous réveille 3 fois de suite alors que vous essayez de dormir alors que ça secoue dans tous les sens, et après une nuit courte, et après un trek de 5 jours... Non, c'est pas le fun! Surtout, que j'ai-tu la face d'un paramilitaire moi??? Un peu plus loin, freinage d'urgence!!!! De kessé??? Un autre bus sur le sens inverse, le service Bogotá-El Cocuy... mais la route, elle n'est même pas de la largeur d'un bus! Et à droite une paroi rocheuse, et à gauche... un précipice... On fait quoi? Ils essaient de passer, mais ils sont fous! Bien pour nous, on est dans le bus du côté de la paroi rocheuse... je risque juste que mon sac à dos reste emprisonné à vie dans la soute de droite dont la porte risque bien de prendre un coup en passant si près de ces grosses roches! On est donc chanceux... Je n'en dirais pas autant des occupants de l'autre bus, la plupart n'ont d'ailleurs pas pris de chance, ils sont sortis voir ça de l'extérieur... Finalement, après plus d'une demi-heure de marche avant, marche arrière, ça y est on est passé!!! On reprend la route ne serait-ce que 10 minutes et on s'arrête encore... Il y a un monsieur qui change une roue sur sa camionette... Pour une fois que le chemin avait la largeur de deux véhicules, monsieur a choisi de faire ça en plein milieu... Heureusement, il était sur la fin de son changement de roue, on repart enfin... pour s'arrêter encore quelques fois pour laisser passer des chèvres ou des vaches... Puis BEDANG!!! De kessé encore!&$%? Un trou sur le bord de la voie... je l'avais vu, moi, ce trou... On a accroché quelque chose, le pare choc, je sais pas... ça ne semble pas grave, on repart. À peine une demi-heure de paix relative (parce que toi, tu penses : c'est quoi next???)... On s'arrête pour prendre des passagers sur la route (comme on le fait depuis le début, mais ça c'est normal, c'est pour ça que je ne vous l'ai pas rapporté). Le seul truc, c'est que la bonne femme, après avoir fait signe au bus, retourne dans son logis pour aller chercher quelque chose... quelque chose qui semble être son mari... et ils sont trois à le transporter... mais... il est raide... comme... attends, ils vont pas faire grimper un gars raide mort dans le bus, non??? Avec l'aide du conducteur, ils arrivent enfin à l'asseoir à mes pieds sur le sol du siège de la première rangée... À ma grande joie, il n'est pas mort finalement, mais il est sacrément mal en point... je lui remet son chapeau quelques fois quand sa tête part en arrière... Finalement 15 minutes plus loin, près de ce que j'espère être la clinique du coin, mais qui ressemble plus au bar du coin... Ils le descendent, et à ma grande surprise, il se met à marcher seul, à l'aide de deux bâtons... Et sa femme de dire au chauffeur qu'il n'en n'a plus pour très longtemps... On repart donc, pour retrouver la chaussée asphaltée, enfin... La fin des problèmes? Et bien non... Dans une courbe, tout le contenu d'une des soutes est éjecté sur la route! La porte s'est ouverte... on fait marche arrière pour aller récupérer les paquets... Heureusement, c'est la soute arrière, et mon sac est en avant, enfin je crois... j'ai un doute... mais oui, mon sac est toujours là. Ouf! On arrive malgré tout à Tunja dans les temps... Comment est-ce possible? Faudrait-il que tous les trajets El Cocuy – Tunja soient ainsi?

Après un voyage aussi mouvementé, je décide de ne pas rester à Tunja, qui semble d'ailleurs bien quelconque, et je prends un bus pour Villa de Leyva, trajet qui heureusement se passera sans pépin. Et Villa de Leyva était le lieu parfait dont j'avais besoin! Un joli village où il n'y a rien à faire, à part visiter un fossile géant de 110 millions d'année et un observatoire solaire des indiens Muisca, à une heure de marche... J'y passerai deux nuits (à Villa, pas avec le fossile!!!).

Et puis je retourne à Bogotá où je passe un autre deux semaines... Et je découvre la ville un peu plus profondément, en compagnie de Erika (vous vous souvenez? je vous l'avais présenté dans le dernier message). On sort (ce qui me permet de revoir Luis, un ami que Vicki, une amie du Québec, mais que j'ai rencontré en Équateur, mais qui en ce moment est au Mexique, a rencontré dans un voyage en Europe... je sais, c'est compliqué!!!). On sort donc, concerts gratuits, expositions, on visite, la ville, les alentours... on s'amuse bien... et c'est le temps pour moi de partir vers l'ouest parce qu'après tout, il n'y a pas juste Bogotá!

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